Qu'est-ce que l'addiction?


Si nous devions définir ce qu’est l’addiction, nous pourrions commencer par noter qu’il existe deux types de dépendance, l’une est physique et l’autre psychologique. Pour être vraiment complet il faut y ajouter un troisième comportement qui lui aussi s’avère destructif pour l’individu et qui est connu sous la dénomination d’ « utilisation problématique » d’une certaine substance. Dans cette définition, il y a donc un comportement qui devient répétitif car il procure un plaisir temporaire, alors qu’en même temps il est destructeur pour le corps et l’esprit.

Il faut comprendre que ces trois comportements s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres. Prenons l’exemple de la consommation d’alcool excessive qui se transforme en dépendance physique. En effet, si le corps ne reçoit pas « sa dose » d’alcool à laquelle il est habitué il va déclencher des signaux physiques tels que les convulsions.

En plus du plaisir physique que certaines substances procurent, il y a aussi des raisons psychologiques. Comment fonctionne notre cerveau à ces dépendances ?

Notre cerveau communique avec nos divers autres cellules grâce à nos neurones via des charges électrochimiques émises par les synapses. Il existe en réalité deux types de synapses, l’un électrique mais qui est très rare chez le vertébré, puis le synapse chimique. Ces synapses ne se touchent pas et les connections vont se faire au moyen d’influx nerveux provoqués par les neurotransmetteurs.

Lorsque nos neurotransmetteurs fonctionnent normalement, notre cerveau fonctionne aussi normalement. Mais cet ensemble de processus de communication peut être affecté par différents évènements tel qu’un mauvais régime alimentaire, la prise de stimulants, le stress, les médicaments et beaucoup d’autres phénomènes de la vie. Ceci va alors provoquer un déséquilibre au niveau de la santé mentale de l’individu. L’utilisation régulière de substances addictives affectent la chimie du cerveau de deux manières principales, en retardant les émotions et/ou en stimulant les neurotransmissions. Les neurotransmetteurs sont divisés en deux groupes : ceux qui stimulent le cerveau et ceux qui calme nos humeurs, afin d’installer un équilibre.

La sérotonine, le GABA et la dopamine font partis des neurotransmetteurs inhibiteurs, équilibrants et apaisants. Ils permettent donc de protéger un certain équilibre face à une offre trop excessive de neurotransmetteurs excitateurs. Le GABA est ainsi notre Valium naturel. Un faible taux de sérotonine est retrouvé chez l’individu souffrant de dépression chronique. La dopamine, quant à elle, est à la fois un neurotransmetteur excitateur et inhibiteur. En effet, elle déclenche la motivation et calme les fonctions du cerveau. Elle régule les réponses émotionnelles de par sa connexion aux zones de récompense et de plaisir du cerveau.

Les neurotransmetteurs excitateurs sont le plus souvent liés au stress et à l’anxiété. Ce sont principalement l’adrénaline et la noradrénaline.

Vous l’avez compris, toute substance addictive affectera l’état de bon fonctionnement du cerveau. L’individu dépendant à ces substances, va alors bénéficier de la fonction anormale, du déséquilibre dans les transmissions des messages relayés par ses neurotransmetteurs affectés, et ce changement deviendra plus important que toutes les autres choses de la vie. Il ne pourra de fait plus contrôler les problèmes de la vie courante, les relations avec autrui vont devenir différentes, les amis et les proches peuvent fuir et finalement la dépendance restera la seule chose à laquelle va se raccrocher l’individu. De plus, sa santé physique et son bien-être mental feront partie intégrante de son comportement de dépendance


Dr. Céline Mackenzie, PhD, HD, ND, IPHM

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