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Le rôle crucial du microbiote dans les maladies inflammatoires : implications et perspectives

By Dr. Celine Mackenzie, Inès BOUR



Résumé :

Au carrefour entre la médecine moderne et les mystères du corps ; le rôle du microbiote, un écosystème microscopique qui réside en nous. Cet article souligne l’interaction complexe entre le

microbiote et notre santé ouvrant la voie à de nouvelles stratégies pour prévenir et traiter les

maladies inflammatoires dans une perspective holistique. Abordant des concepts tels que la

dysbiose, l'immunité innée et adaptative, et le métabolisme, cet article met en lumière comment le

déséquilibre de notre flore intestinale peut conduire à diverses pathologies, allant des troubles

métaboliques aux maladies neurologiques. En outre, il examine des approches thérapeutiques

naturelles visant à restaurer l'équilibre du microbiote, soulignant ainsi l'importance d'une

alimentation équilibrée, des carences, de l'exercice physique, et de la gestion du stress.


I- Qu’est-ce que le microbiote ?

Le microbiote, communément désigné sous le terme de flore microbienne, englobe l'ensemble des

micro-organismes qui colonisent un environnement particulier, tel que le corps humain. En

parallèle, le microbiome représente la totalité des gènes présents au sein de ces micro-organismes,

englobant ainsi leur diversité génétique.

Le microbiote intestinal humain est un écosystème complexe composé de milliards de bactéries, de

virus, de parasites et de champignons. Il serait d’environ 2 kg, soit plus lourd que le cerveau. Notre

corps est constitué de plus de microbes que de cellules humaines (nous hébergeons dans notre gros

intestin environ 40 000 milliards de bactéries avec aussi des virus et des champignons). Selon une

étude menée par Ursell et al. (2012) [1], la composition du microbiote varie en fonction de divers

facteurs tels que l'âge, le régime alimentaire et l'état de santé. Il s'agit d'un écosystème dynamique et

en équilibre, qui joue un rôle crucial dans de nombreux processus biologiques, notamment la

digestion, le métabolisme et l'immunité.

Les chercheurs ont constaté que la diversité bactérienne du microbiote est essentielle pour maintenir

la santé intestinale. Une étude menée par Lozupone et Knight (2007) [2] a montré que les personnes

atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) présentent une réduction de la

diversité bactérienne dans leur microbiote intestinal par rapport aux individus en bonne santé. Ces

recherches soulignent l'importance de maintenir un microbiote équilibré pour prévenir les maladies

inflammatoires.

Le microbiote est principalement localisé dans l’intestin grêle et le côlon, réparti entre la lumière du

tube digestif et le biofilm protecteur formé par le mucus intestinal qui recouvre sa paroi intérieure.

L’acidité gastrique n’étant pas favorable à la présence de la plupart des micro-organismes,

l’estomac héberge cent millions de fois moins de bactéries commensales que le côlon. Cette

répartition géographique du microbiote est cruciale pour son fonctionnement optimal.

Le système nerveux entérique est intimement lié au système immunitaire. Nos trois systèmes

d'homéostasie : système nerveux/neurologique, système immunitaire et système endocrinien , qui

sont orchestrés par notre système digestif, qui est au centre. L’héritage génétique représenterait

seulement 1 % des gènes, les 99 % restants seraient principalement acquis de l’environnement

immédiat à la naissance, notamment du canal génital et du lait maternel (Annalisa N, Alessio T,

Claudette TD, Erald V, Antonino DL, Nicola DD, 2014) [3]. Ainsi, l’écosystème du côlon serait le

plus abondant et renfermerait la plus grande biodiversité.

Par ailleurs, nous hébergeons également des milliards de bactéries et autres micro-organismes

ailleurs que dans les intestins (bouche, peau, vagin, voies urinaires, voies respiratoires). Notre

microbiote nous est propre (de richesse variable, notre microbiote intestinal est unique, il est

différent chez chaque individu). Les bactéries sont regroupées en 3 grandes familles appelées

"phyla" parmi lesquelles les 3 majeures sont: les Firmicutes, les Bacteroidetes, les Actinobacteria.

Au sein de ces grandes familles, on retrouve les lactobacilles (Lactobacillus) en forme de bâtonnets

ou les bifidobactéries (Bifidobacterium) en forme de Y, puis aussi les Bacteroides, Ruminococcus,

Prevotella.

Une relation symbiotique très ancienne existe entre nous et notre microbiote. Il est important de

garder à l'esprit que les microbes étaient présents sur Terre avant nous, ils vivent en nous et sont

indispensables au bon fonctionnement de notre organisme. Cette symbiose est mutualiste car

l'humain et son microbiote retirent un bénéfice de leur relation. Si nous schématisons ; une bonne

alimentation additionné à un mode de vie sain = nos bactéries intestinales nous aident à digérer les

fibres, synthétiser de nombreux métabolites comme les vitamines ou les neurotransmetteurs,

développer notre système immunitaire et de fait nous protéger des nombreux agents pathogènes

auxquels nous sommes exposés en permanence.

Cette relation symbiotique est la clé d'une bonne santé générale. Cependant, cet équilibre est fragile

car nous sommes exposés quotidiennement aux éléments nuisibles de notre microbiote

(antibiotiques et autres médicaments, pesticides, alcool, même un excès d'hygiène.). Tout ceci peut

l'altérer et de fait diminuer notre richesse microbienne et par conséquent altérer notre bonne santé.

Une dysbiose apparaît et devient le nid de nombreuses maladies chroniques dysimmunitaires

(dérèglement du système immunitaire, diabète T1, sclérose en plaque, maladie de Crohn) mais aussi

métaboliques (diabète T2, obésité, hypercholestérolémie) voire cancéreuses.

La naissance du microbiote chez le foetus puis le nourrisson est un moment crucial. Très tôt,

l'embryon est en contact avec les bactéries maternelles in utero, celles-ci passent la barrière

placentaire en petite quantité et obligent l'organisme à entrer en contact avec l'extérieur. Lors de

l'accouchement, le nouveau-né sera à nouveau en contact avec un autre monde bactérien, d'abord

celui de la flore vaginale de sa maman, puis avec les bactéries aériennes présentes dans la salle

d'accouchement (d'où l'importance d'un accouchement naturel ou par césarienne).

Les bactéries naissent de la lumière, elles sont les briques de la constitution d'un individu et de toute

vie. Notre microbiote naît pendant le 1er trimestre de la grossesse, alors que le placenta n'est pas

encore fonctionnel. Ce premier microbiote est lié à celui de la bouche de la maman = notre 1er

microbiote intestinal est méconial (dans le méconium et éliminé avec la première selle du nouveauné

après sa naissance). Une flore non adaptée dans les 20 premiers jours de vie de l'enfant

engendrera un terrain immunodéprimé.

À la naissance, le nouveau-né sera en contact avec l'oxygène ambiant par la respiration et la bouche.

Sa flore intestinale deviendra aérobie et anaérobie. Au 3e jour de vie, cette flore redeviendra

anaérobie. Au 21e jour, elle doit se rééquilibrer pour acquérir une flore d'adulte entre le 18e et le 24e

mois de vie.

Rappelons ici que la flore intestinale sera équilibrée si le système neurologique intestinal (système

nerveux entérique) fonctionne en harmonie avec les intestins.

A- Quel est le rôle du microbiote ?

Le microbiote remplit quatre rôles principaux :

1- Rôle métabolique:

Le microbiote intervient dans la différenciation et la prolifération des cellules épithéliales

intestinales. Il permet de synthétiser des vitamines, de fermenter les résidus alimentaires non

digestibles, de produire des acides gras à chaîne courte qui sont anticancérigène et antiinflammatoire.

2- Rôle de barrière :

De part la présence des jonctions aérées, l’induction des Immunoglobuline A ( IgA). Et enfin grâce

aux peptides antimicrobiens.

3- Rôle de défense :

Le microbiote à un rôle de compétition avec les pathogènes ( ex : nutriments ), il produit des

facteurs antimicrobiens ( ex: bactériocines ).

4- Rôle de maintenance :

Le système immunitaire se développe dans les muqueuses intestinales, spécifiquement le lieu ou

produit la maturation immunitaire adaptative ( ex : Treg ).

B- Fonction du microbiote dans la digestion :

Le microbiote joue un rôle crucial dans la digestion en contribuant à la dégradation des aliments et à

l'absorption des nutriments essentiels. Voici les principales fonctions du microbiote dans la

digestion : Fermentation des substrats et des résidus alimentaires non digestibles, tels que les fibres,

les AGCC (acides gras à chaîne courte), le butyrate et l'inuline. Cette fermentation produit des

métabolites bénéfiques pour la santé intestinale. Facilitation de l'assimilation des nutriments grâce à

un ensemble d'enzymes dont l'organisme n'est pas pourvu. Ces enzymes aident à décomposer les

composants alimentaires complexes tels que l'amidon, la cellulose et les polysaccharides en

molécules plus simples, favorisant ainsi leur absorption par l'organisme.

Participation à la synthèse de certaines vitamines essentielles, telles que la vitamine K, la vitamine

B12 et la vitamine B8. Ces vitamines sont nécessaires à de nombreux processus biologiques,

notamment la coagulation sanguine, le métabolisme des glucides et la synthèse des acides gras.

Régulation de plusieurs voies métaboliques, y compris l'absorption des acides gras, du calcium et

du magnésium. Cette régulation contribue au maintien de l'équilibre électrolytique et à la santé

osseuse.

C- Fonction du microbiote dans l'immunité intestinale :

Le microbiote intestinal joue un rôle essentiel dans le développement et le fonctionnement du

système immunitaire intestinal. Dès les premières années de vie, le microbiote est nécessaire pour

que l'immunité intestinale apprenne à distinguer les espèces amies (commensales) des espèces

pathogènes. Cette capacité d'apprentissage est cruciale pour la mise en place d'une réponse

immunitaire adéquate contre les agents pathogènes.

Le microbiote participe pleinement au fonctionnement du système immunitaire intestinal,

indispensable au rôle barrière de la paroi intestinale. Cette barrière est constamment exposée à un

flot d'antigènes d'origine alimentaire ou microbienne. Des bactéries comme Escherichia coli

interviennent directement dans la lutte contre la colonisation du tube digestif par des espèces

pathogènes, en compétition avec elles et en produisant des substances bactéricides, telles que les

bactériocines.

En outre, le microbiote intestinal influence la réponse immunitaire en produisant des cytokines proinflammatoires,

qui peuvent moduler l'inflammation et participer à la défense contre les agents

pathogènes.


II- Déséquilibre :

La dysbiose se produit lorsque l'équilibre du microbiote intestinal est perturbé, favorisant la

croissance de bactéries pathogènes et réduisant la diversité bactérienne. Une étude menée par

Morgan et al. (2012) [4] a montré que des facteurs tels que l'utilisation d'antibiotiques, le stress et

une alimentation déséquilibrée peuvent contribuer au développement de la dysbiose. La dysbiose

est associée à de nombreuses maladies inflammatoires, notamment les MICI. Une recherche menée

par Frank et al. (2007) [5] a révélé que les patients atteints de MICI présentent des altérations

significatives de la composition du microbiote intestinal par rapport aux individus en bonne santé.

Ces résultats suggèrent un lien entre la dysbiose et le développement des maladies inflammatoires,

soulignant l'importance de maintenir un microbiote équilibré pour préserver la santé intestinale.

A- Inflammation Chronique :

La dysbiose peut déclencher une réponse inflammatoire chronique dans l'intestin, caractérisée par

une production accrue de cytokines pro-inflammatoires. Une étude menée par Zhu et al. (2018) [6] a

montré que la dysbiose est associée à une augmentation des niveaux de cytokines inflammatoires

dans le microbiote intestinal, contribuant ainsi au développement des maladies inflammatoires.

Cette inflammation chronique est associée à des maladies inflammatoires telles que la maladie de

Crohn et la colite ulcéreuse. Une recherche menée par Neurath (2014) [7] a révélé que

l'inflammation chronique de l'intestin est caractérisée par une infiltration de cellules immunitaires et

une altération de la barrière intestinale, ce qui contribue à la progression des maladies

inflammatoires. Ces résultats mettent en évidence le rôle critique de la dysbiose dans la pathogenèse

des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

B- Para-inflammation :

La para-inflammation est un état inflammatoire de faible intensité qui peut se produire en réponse à

des stimuli chroniques, tels que la dysbiose. Contrairement à l'inflammation aiguë, la parainflammation

est un état prolongé qui peut contribuer au développement de maladies chroniques

telles que les MICI, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Une recherche menée par

Chovatiya et Medzhitov (2014) [8] a révélé que la para-inflammation est médiée par des cellules

immunitaires telles que les macrophages et les lymphocytes T, qui libèrent des cytokines

inflammatoires pour réguler la réponse immunitaire dans le contexte de la dysbiose.

C- Immunité Innée et Adaptative :

Le microbiote joue un rôle essentiel dans le développement et la régulation de l'immunité innée et

adaptative. L'immunité innée, première ligne de défense de notre organisme, agit instantanément

contre les envahisseurs grâce à des mécanismes de reconnaissance qui ciblent les agents

pathogènes, organismes du non-sois. Elle est constituée d'obstacles physiques comme la peau, de

cellules spécialisées, de molécules capables de neutraliser les menaces avant qu'elles ne se

multiplient. D'autre part, l'immunité adaptative est un système de défense plus spécifique, qui se

développe au fil du temps suite à une première exposition à un agent pathogène. Cette mémoire

immunitaire permet au corps de reconnaître et de combattre plus efficacement les infections futures

par le même agent pathogène, grâce à la production d'anticorps spécifiques et à l'activation des

lymphocytes T et B. Dans nos parois intestinales, des réactions immunitaires se déroule, où les

Immunoglobulines A (IgA), sécrétées par les plasmocytes, qui sont des cellules dérivées des

lymphocytes B, jouent un rôle crucial en sécrétant des anticorps spécifiques qui tapissent les

muqueuses intestinales, protégeant ainsi l'organisme des infections et aidant à maintenir l'équilibre

vital entre les agents pathogènes et le microbiote bénéfique.

Une étude menée par Belkaid et Hand (2014) [9] a montré que le microbiote intestinal éduque le

système immunitaire en favorisant la tolérance envers les bactéries commensales tout en stimulant

des réponses immunitaires appropriées contre les agents pathogènes. La dysbiose peut perturber cet

équilibre délicat, entraînant une dysfonction de l'immunité intestinale. Une recherche menée par

Peterson et Artis (2014) [10] a révélé que la dysbiose est associée à une altération de la réponse

immunitaire dans l'intestin, favorisant ainsi le développement des maladies inflammatoires. Ces

résultats soulignent l'importance de maintenir un microbiote équilibré pour préserver la santé

intestinale et réguler adéquatement la réponse immunitaire.

D- Métabolisme et Obésité :

Le microbiote intestinal joue un rôle important dans le métabolisme des nutriments et l'homéostasie

énergétique. Des études ont montré que des altérations de la composition du microbiote, telles que

la diminution de la diversité bactérienne et la prédominance de certaines espèces bactériennes, sont

associées à l'obésité et aux troubles métaboliques. Une recherche menée par Turnbaugh et al. (2006)

[11] a révélé que les souris privées de microbiote présentent une augmentation de la masse grasse

par rapport aux souris ayant un microbiote normal, même lorsque leur apport calorique est contrôlé.

Ces résultats suggèrent que le microbiote intestinal peut jouer un rôle dans la régulation du poids

corporel et du métabolisme énergétique, et que les altérations de la composition du microbiote

peuvent contribuer au développement de l'obésité.

E- Maladies Neurologiques :

Des recherches récentes suggèrent également un lien entre le microbiote intestinal et les maladies

neurologiques telles que la dépression et la maladie d'Alzheimer. Une étude menée par Jiang et al.

(2017) [12] a montré que des altérations de la composition du microbiote sont associées à des

symptômes dépressifs chez les patients atteints de syndrome du côlon irritable (SCI), suggérant un

lien entre le microbiote intestinal et la santé mentale. De plus, des études sur des modèles animaux

ont montré que la modification de la composition du microbiote peut affecter le comportement et la

fonction cérébrale, ce qui suggère un lien potentiel entre le microbiote intestinal et les maladies

neurologiques.


III- Piste de traitements thérapeutiques naturels :

De nombreuses approches thérapeutiques naturelles émergent pour moduler le microbiote intestinal,

stimuler le nerf vague et atténuer l'inflammation associée aux maladies inflammatoires.

L’alimentation est un facteur clé de l’amélioration et ou de l’aggravation des poussées des maladies

inflammatoires intestinales.

L'alimentation est aussi le pilier d’un bon état de santé général, rappelons qu’il orchestre le système

immunitaire, le système nerveux et enfin le système endocrinien ( hormonal ).

1- Prébiotiques

Des études ont montré que l'incorporation d'aliments riches en fibres prébiotiques, tels que les

légumes feuillus, les fruits, les légumineuses et les grains entiers, associée à une hydratation

adéquate, peut favoriser la croissance des bactéries bénéfiques dans le microbiote intestinal et

réduire l'inflammation (Holscher, 2017) [13]. L’inuline à aussi démontré son efficacité sur sa

capacité à réguler la composition du microbe et à baisser l'inflammation hépatique même en

situation de consommation d’alcool. Rappelons ici l’importance du butyrate, Acide gras à chaîne

courte, fabriqué par fermentation des bactéries coliques et qui est un agent stimulant la croissance

du microbiote en plus de tous ses bienfaits anti cancérigène, cardioprotecteur, immunoprotecteur.

Il est important de noter aussi que les aliments comme : Les légumineuses, le lactose et le gluten

contiennent malgré leur vertus, des agents anti-nutritionnels. Cela peut impacter négativement la

digestion lorsque le terrain digestif est affaibli ; intolérance , ballonnement par exemple.

2- Probiotiques :

Les plus fréquents sont les lactobacilles et bifidobactéries favorisant un environnement antiinflammatoire

et limitant la croissance de bactéries néfastes. Ces bactéries se trouvent

principalement dans le tractus digestif humain, mais aussi dans divers aliments fermentés tels que le

yaourt, le kéfir, les légumes fermentés (comme la choucroute et le kimchi), et d'autres produits

laitiers fermentés.

Les symbiotiques, qui combinent la prise de prébiotiques et probiotiques synchroniquement,

peuvent être bénéfiques pour la santé intestinale afin d’optimiser leurs effets.

3- Correction des carences :

Trois personnes sur quatres atteintes de maladie inflammatoire du côlon présentent des carences

nutritionnelles : Fer, Calcium, Vitamine D, Vitamine B1, B6, B9, B12, Zinc, Magnésium. Toutes ces

carences sont mises en évidence régulièrement par des bilans biologiques. Un accent est mis sur la

vitamine D, qui en cas de MICI, pourrait diminuer le risque de développer la maladie ou de faire

une poussée.

Le resvératrol est aussi une substance montrant de nombreux bienfaits, ayant un pouvoir super

antioxydant, anti-inflammatoire présent dans l’alimentation et en complément. Cependant ce dernier

nécessite davantage d’études cliniques afin d’envisager des traitements thérapeutiques holistiques

fiables.

4- Les compléments nutritionnels :

Le L-tryptophane, transformé par le microbiote intestinal en de nombreux dérivés participant à la

protection de la barrière intestinale par fabrication de composés indoles. En cas de perturbation du

microbiote cette production baisse. Ainsi, une complémentation de L-tryptophane est bénéfique, il

se marie bien avec le safran et le magnésium. Il peut aussi être choisi sous la forme de son

précurseur : 5-HTP, présent dans la plante Griffonia.

Les polyphénols comme la curcumine ( le resvératrol en fait partie ), sont des antioxydants et antiinflammatoires

très puissants. On les retrouve principalement dans une variété d'aliments d'origine

végétale. La curcumine est le principal composé actif du curcuma, une épice couramment utilisée

dans la cuisine asiatique, surtout dans le curry, tandis que le resvératrol est abondant dans la peau

des raisins rouges, le vin rouge, les baies (comme les mûres et les myrtilles), et les arachides.

Le programme national nutrition santé ( PNNS ) recommande de limiter la consommation d'alcool.

Pour les adultes, il est conseillé de ne pas consommer plus de 10 verres standard par semaine et de

ne pas boire d'alcool plus de 5 jours sur 7. De plus, il est recommandé de ne pas dépasser 2 verres

standard par jour. Pour certaines populations, comme les femmes enceintes et les personnes ayant

des problèmes de santé particuliers, l'abstinence totale est fortement recommandée.

5- Alimentation équilibrée :

Une alimentation équilibrée et riche en fibres favorise la croissance des bactéries bénéfiques dans le

microbiote intestinal, tandis qu'une alimentation riche en graisses saturées et en sucres peut

favoriser la croissance de bactéries pathogènes et l'inflammation (Singh et al., 2017) [14].

Les éléments essentiels à aborder lorsque l’on mentionne une alimentation équilibré sont :

- Manger varié et se renseigner sur les exemples d’associations à faire ou ne pas faire à chaque

moment des différents repas d’une journée ( petit-déjeuner , déjeuner, collation, dîner). Dans le but

de réduire l’indice glycémique des repas et de les équilibrer en assurant une bonne assimilation des

micronutriments.

- Augmenter la consommation de fruits et légumes

- Augmenter les apports en Fer et de la vitamine C

- Augmenter les apports en calcium et en Vitamine D

- Assurer ces apports hydriques

- Limiter les plats industriels ( hypersodés, acides gras saturés et trans )

- Limiter les sodas, aliments frits

- Augmenter sa consommation de poisson gras ( Oméga 3 , ALA , DHA )

- Assurer un rapport 1/5 en oméga 3/oméga 9

- Diversifier les huiles végétales

- Deux produits laitiers / jours maximum + Un fromage / jour maximum

- Consommer des aliments à indice glycémique faible, céréales complètes

- Réduire sa consommation de viandes grasses, privilégier les viandes maigres

- Varier les féculents

- Se renseigner sur les différents produits ( fruits et légumes ) de saisons

- Limiter le contact de produits toxiques et irritants dont le tabac

- Assurer une activité physique régulière et éviter la sédentarité

6- Activités physiques & Stimulation du nerf vague :

Le nerf vague joue un rôle anti-inflammatoire majeur sur l’intestin. La pratique régulière d'une

activité physique modérée à intense a été associée à des modifications favorables du microbiote

intestinal et à une réduction de l'inflammation systémique (Monda et al., 2017) [15]. La gestion du

stress par le biais de techniques de relaxation telles que la méditation, la respiration profonde et le

yoga peut également avoir des effets bénéfiques sur la santé intestinale en réduisant la réponse

inflammatoire (Rao et al., 2019) [16].

7- Sommeil :

Un sommeil de qualité est également essentiel pour maintenir l'équilibre du microbiote intestinal et

réguler l'inflammation, car des altérations du rythme circadien peuvent perturber la diversité

microbienne et favoriser l'inflammation (Thaiss et al., 2016) [17].

8- Gestion du stress :

Des études ont montré que le stress chronique peut altérer la composition du microbiote intestinal et

augmenter la perméabilité intestinale, ce qui peut contribuer au développement de maladies

inflammatoires (Bested et al., 2013) [18]. Comme l’a aussi démontré (Li et al., 2018) [19] le stress

peut augmenter la perméabilité intestinale, entraînant une fuite de substances potentiellement

nocives dans la circulation sanguine, ce qui peut déclencher une réponse inflammatoire. Selon

(Kelly et al., 2015) [20], le stress prolongé réduit la diversité des espèces microbiennes bénéfiques

et favoriser la croissance de bactéries pathogènes.Les hormones de stress telles que le cortisol

peuvent également influencer directement l'activité du système immunitaire intestinal, modulant

ainsi la réponse inflammatoire (Galli et al., 2019) [21].

Des approches telles que la méditation, la relaxation musculaire progressive, la respiration profonde

et le yoga ont été largement étudiées pour leur capacité à réduire les niveaux de stress et à favoriser

un état de bien-être psychologique (Pascoe et al., 2017) [22]. Ces pratiques peuvent aider à réguler

l'axe cerveau-intestin et à atténuer la réponse inflammatoire induite par le stress. De plus, un soutien

social fort et des activités récréatives plaisantes peuvent contribuer à renforcer la résilience au stress

et à promouvoir une santé intestinale optimale (Bolger et al., 2019) [23].

9- Huiles essentielles :

Outre les changements alimentaires et le mode de vie sain, certaines études suggèrent que

l'utilisation d'huiles essentielles peut également être bénéfique pour la santé intestinale. Par

exemple, des recherches ont montré que certaines huiles essentielles, telles que l'huile essentielle de

menthe poivrée et l'huile essentielle de gingembre, peuvent avoir des effets positifs sur la digestion

en réduisant les symptômes gastro-intestinaux tels que les ballonnements et les douleurs

abdominales (Cash et al., 2016) [24]. De plus, d'autres huiles essentielles, comme l'huile essentielle

de cannelle et l'huile essentielle de thym, ont démontré des propriétés antimicrobiennes potentielles

qui pourraient aider à maintenir l'équilibre du microbiote intestinal (Zu et al., 2010) [25].

Cependant, il est important de noter que la recherche sur l'utilisation des huiles essentielles dans le

contexte des maladies inflammatoires de l'intestin est encore limitée, et des études supplémentaires

sont nécessaires pour mieux comprendre leur efficacité et leur sécurité dans ce domaine.

Conclusion :

La recherche sur le microbiote intestinal a révélé l'ampleur de son influence sur notre santé globale,

allant bien au-delà de la simple digestion. Les découvertes scientifiques ont démontré que cet

écosystème complexe de micro-organismes joue un rôle essentiel dans le maintien de l'homéostasie

de notre organisme, impactant à la fois notre métabolisme et notre système nerveux.

Les pathologies métaboliques, telles que le diabète de type 2 et l'obésité, ainsi que les troubles

neurologiques, y compris la dépression et la maladie d'Alzheimer, ont été étroitement liées à des

altérations du microbiote intestinal. Les études, telles que celles menées par Cani et al. (2008) [26]

et Cryan et al. (2019) [27], ont mis en évidence le lien entre la dysbiose intestinale et le

développement de ces conditions pathologiques.

La dysbiose, résultant souvent de facteurs tels que l'utilisation d’antibiotiques

( immunosuppresseurs ) , un régime alimentaire déséquilibré et le stress, crée un environnement

propice à l'inflammation chronique et à la perturbation du métabolisme des nutriments, contribuant

ainsi à l'émergence des pathologies métaboliques. De plus, des recherches récentes, telles que celles

menées par Sampson et Mazmanian (2015) [28], ont mis en lumière le rôle crucial du microbiote

intestinal dans la régulation de la neurotransmission et de la fonction cognitive, soulignant son

implication dans les troubles neurologiques.

En comprenant mieux le rôle de cet écosystème microbien, nous pourrions développer de nouvelles

stratégies thérapeutiques ciblées sur la restauration de son équilibre, ouvrant ainsi la voie à une

approche novatrice de la santé globale , et sur le traitement des pathologies métaboliques et

neurologiques

Cet article s'appuie sur les travaux de recherche menés par une communauté scientifique en pleine

expansion, qui continue d'explorer la complexité fascinante entre le microbiote intestinal et la santé

humaine en ajoutant un point de vue intégratif soit holistique de la prise en charge clinique

thérapeutique.

Mot-clé Définition

Microbiote Ensemble des micro-organismes colonisant un environnement spécifique, tel

que le corps humain.

F l o r e

microbienne

Autre terme désignant le microbiote, faisant référence à l'ensemble des microorganismes

présents dans un environnement donné.

Microbiome La totalité des gènes des micro-organismes constituant le microbiote, englobant

ainsi leur diversité génétique.

Dysbiose Déséquilibre du microbiote intestinal, favorisant la croissance de bactéries

pathogènes et réduisant la diversité bactérienne, associé à diverses maladies

chroniques et inflammatoires.

Inflammat ion

chronique

Réponse inflammatoire prolongée dans l'intestin, caractérisée par une

production accrue de cytokines pro-inflammatoires, associée à des maladies

inflammatoires chroniques de l'intestin.

P a r a -

inflammation

État inflammatoire de faible intensité résultant de stimuli chroniques, tel que la

dysbiose, pouvant contribuer au développement de maladies chroniques telles

que les maladies inflammatoires.

I m m u n i t é

innée

Partie du système immunitaire qui fournit une réponse immédiate et non

spécifique contre les agents pathogènes, influencée par le microbiote intestinal.


Références :

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I m m u n i t é

adaptative

Partie du système immunitaire qui fournit une réponse spécifique et à long

terme contre les agents pathogènes, éduquée par le microbiote intestinal pour

distinguer les espèces amies des espèces pathogènes.

Métabolisme Ensemble des processus biochimiques qui ont lieu dans un organisme, y

compris la dégradation des aliments, la synthèse de nutriments et la régulation

de l'énergie, influencée par le microbiote.

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